« Moi, je peux pas me passer de chocolat ! »

« Moi, je peux pas me passer de chocolat ! »

Cette  phrase je l’entends souvent en consultation, avant même d’avoir de vous avoir dit que le chocolat n’est pas « interdit »  ^^!

Existe-t-il des aliments qui rendent « accro »?

1° En cas de déprime ou après une grosse journée de travail, l’appel du paquet de chips ou de la tablette de chocolat est souvent irrésistible. Doit-on parler pour autant d’addiction ? 

L’addiction aux aliments gras, salés et/ou sucrés est une réalité physiologique chez l’Homme (et même chez les autres mammifères)  et l’industrie agro-alimentaire s’en sert pour concevoir des produits toujours plus addictifs. Quand on ouvre un paquet de chips, il est extrêmement difficile de ne pas vider le paquet très rapidement. Cette envie d’y retourner, même sans appétit, est significatif d’un comportement addictif.

2° Quels sont les aliments les plus addictifs ?

Des chercheurs américains se sont intéressés à cette addiction alimentaire et ont souhaité dresser la liste des aliments les plus addictifs. Pour cela, ils ont épluché les résultats de deux études. Une avait été publiée dans la revue PLOS One et l’autre avait été menée par une équipe de chercheurs de l’Université de Yale, aux États-Unis. En poussant loin leurs recherches, ils ont ainsi pu constater que certains aliments entraînaient « une véritable addiction car ils activent la même zone du cerveau que certaines drogues dures ».

Parmi ces aliments on trouve la pizza, le chocolat, les cookies, les chips, les frites, la crème glacée, les sodas, les hamburgers, le fromage, le pain ou encore les bonbons. Le point commun entre tous ces aliments, c’est qu’ils sont très sucrés, très salés ou très gras. Il est là le secret. Selon le professeur Joseph Schroeder, qui a travaillé sur cette question, « les aliments très gras et très sucrés stimulent le cerveau de la même manière que les drogues ».

Le même effet que certaines drogues dures ?

Une étude menée par une équipe de chercheurs du Connecticut College et relayée par le Time, révélait, il y a quelques années, que les Oreo, biscuits préférés des Américains, étaient aussi addictifs que la cocaïne ou la morphine. Pour parvenir à ces résultats, les chercheurs avaient comparé les réactions dans le cerveau de rats quand on leur donnait des Oreo. Ils ont ensuite comparé ces réactions après une injection de cocaïne ou de morphine. Ils ont été très surpris de constater que les Oreo stimulaient davantage les neurones des rats que la cocaïne.

Une étude précédente, menée par des chercheurs du Boston Children’s Hospital, révélait que certains féculents activaient la même zone du cerveau que l’héroïne ou la nicotine. L’addiction est donc bien réelle. Ce n’est pas l’estomac qui réclame du sucre ou du gras, mais bien le cerveau.

Ce n’est pas l’estomac mais le cerveau qui commande

Cette addiction alimentaire, le Dr Pascale Modaï, nutritionniste et vice-présidente de SOS Addictions, l’explique très bien : « Il faut faire la différence entre être gourmand et être addicte, ce n’est pas forcément la même chose. L’addiction alimentaire, comme les autres addictions, c’est une maladie du cerveau. Comme dans l’addiction, on retrouve cette perte de contrôle, cette compulsion, ce besoin irrépressible de manger, on sait qu’il ne faut pas le faire, qu’il y aura des conséquences, en particulier sur le poids, mais on a beau le savoir on n’y arrive pas. Et ça c’est typique de l’addiction. »

Mais attention, ce n’est pas parce qu’on a envie d’un carré de chocolat avec son café qu’on est « accro » au chocolat. Une addiction provoque des angoisses, un mal-être ou un sentiment de manquequand il n’y a pas de chocolat. Si vous pensez toute la journée à cette crème glacée que vous allez pouvoir déguster le soir chez vous, vous êtes sur une pente dangereuse. Il faudra donc agir.

Comment se débarrasser d’une addiction ?

Pour se débarrasser d’une addiction alimentaire, il faudra tout d’abord faire le constat que cette addiction existe. Vous devrez vous rendre compte que tel ou tel comportement a été déviant et qu’il faut rectifier le tir. Ensuite, il sera recommandé de vous rendre chez un nutritionniste pour qu’il vous accompagne. « La première chose à faire, c’est de les déculpabiliser et de leur expliquer que c’est normal qu’ils n’y arrivent pas, que ce n’est pas leur faute, et de leur expliquer le circuit de la récompense, l’addiction », précise le Dr Pascale Modaï.

Ensuite, vous devrez mettre en place de bonnes habitudes et retirer petit à petit ces aliments qui faisaient partie intégrante de votre quotidien. Une fois le sevrage effectué, vous pourrez goûter à nouveau ces aliments addictifs mais avec une plus grande vigilance.

 

 

 

 

 

 

Claire Verdier sur www.passeportsante.net

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